Au sortir de l'oeuf...

Au sortir de l'oeuf...
Me revoilà, Séricia, bombyx femelle autorisée à vous faire connaître mon univers dont le grand ordonnateur est aujourd'hui l'homme. L'élevage des vers à soie se déroule dans de vastes locaux appelés « magnaneries », donc en captivité !

Une fois les œufs pondus, il faut attendre le printemps (diapause) pour que ça bouillonne à l'intérieur. Un peu plus de 20 degrés, et deux semaines plus tard, chaque petite chenille s'apprête à sortir de l'œuf.

A sa naissance, la chenille, appelée ver à soie, est vraiment minuscule (3mm, 0,5mg), mais elle ne manque pas de se goinfrer de feuilles tendres du mûrier : une vraie Gargamelle du microcosme ! Assurément, quel appétit, à un point tel qu'en un mois, elle multiplie son poids par 10 000 et mesure 8 cm de long !

Et puis un jour, le ver renonce au festin, tout repu et tout gorgé de soie qu'il est. Vous connaissez ça aussi dans votre monde, l'abstinence. Mais chez lui, cette privation est définitive et se double d'un retrait du monde : comme un ermite, le ver à soie se tient à l'écart en construisant un cocon où il effectuera se dernière mue...

# Posté le mardi 08 août 2006 03:43

Modifié le mercredi 27 juin 2007 05:24

Exploit d'anachorète !

Exploit d'anachorète !
... C'est bien sûr en filant la soie que le ver confectionne son cocon, après avoir cherché un peu de hauteur et s'être entouré de brindilles. La soie s'extrait de son orifice, la filière, situé au niveau de la tête, face ventrale.

Je vous assure, ce n'est pas une mince affaire ! Notre héros en a du fil à retordre : il dévide un fil à la fois (fil entouré d'une substance collante, le grès) pour relier les brindilles et ensuite, il relie les fils entre eux en déplaçant sa tête comme s'il faisait un 8, des dizaines de milliers de fois !

Entouré d'une fine couche de soie, il n'en reste pas là : le ver superpose jusqu'à 30 couches de soie, sans changer de fil ! Un peu comme Saint Antoine cherchant le refuge idéal, il lui faut bien deux à trois journées pour se retrouver à l'abri. Rien qu'à vous en parler, moi, Séricia, j'en suis tout épuisée. A bientôt.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 08 août 2006 03:46

Modifié le mardi 26 juin 2007 15:23

Métamorphoses

Métamorphoses
Séricia vous salue à nouveau ! Permettez-moi de tisser encore un peu l'histoire de mes semblabes.

Après deux jours de repos, la chenille se transforme en chrysalide qui s'apprête à la grande métamorphose, une douzaine de jours plus tard .
Sur la photo, voyez ce qui résulte des efforts du ver pour transpercer sa paroi de soie ramollie par un liquide qu'il a secrété : il apparaît au grand jour sous la forme du papillon, laissant sa chrysalide à l 'intérieur du cocon. Serait-ce un mâle ? Ca, c'est mon affaire...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 18 août 2006 04:43

Modifié le vendredi 18 août 2006 07:01

Le malheur des uns...

Le malheur des uns...
...mais c'est bien l'affaire des hommes de tirer profit de notre ouvrage soyeux. Ainsi, avant même que les chrysalides ne deviennent papillons, les cocons sont ôtés de leurs rameaux : c'est le décoconnage (voir photo). Ensuite, ils sont triés : exit les cocons tachés ou percés, inachevés. Et puis, destin funeste, ils sont passés à l'air chaud : les chrysalides sont détruites. Le filage pourra commencer.

Moi, Séricia, je m'arrête ici, pour me recueillir un peu. Mes pages se referment.Je crois que je laisserai à mon hôte le soin de dérouler le fil rouge de ce blog, de débobiner des anecdotes et surtout, de vous montrer ses réalisations.

Merci de m'avoir suivie ! A plus tard ? Qui sait ?
Allez ! Je file, ça va de ...soie !!!
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 18 août 2006 06:59

Modifié le mardi 26 juin 2007 15:50

"Rouge taurin"

"Rouge taurin"
Une autre image pour l'écharpe "Rouge taurin" dont il fut question en page une.
Retrouvez la vigueur et la chaleur de ce crêpe de Chine 12.

# Posté le vendredi 18 août 2006 07:32